Les disputes dans la fratrie sont parfois si fréquentes qu’elles nuisent à l’harmonie familiale. Nous allons essayer de voir quel est le rôle de l’adulte, ce qui se joue réellement dans une dispute, comment repartir sur de bonnes bases, et comment améliorer les relations ?

Rôle de l’adulte

Quelle est la part de responsabilité de l’adulte dans ces conflits ? Envenime-t-il parfois les choses sans le vouloir ?

Phase d’observation

Comme d’habitude, je vous invite d’abord à une prise de recul. Les questions ci-dessous sont destinées à vous aider dans cette phase. Prenez réellement le temps nécessaire pour y répondre.

Si vous voulez vraiment avancer et faire bouger les choses, ayez un carnet/cahier dédié, vous permettant de relire, compléter vos notes et de vous rendre compte des progrès réalisés.

ᐅ Plutôt que de vous focaliser sur le comportement des enfants, tentez, dans un premier temps, de voir comment vous réagissez habituellement. Notez.

ᐅ Que ressentez-vous : colère, agacement, tristesse, angoisse ou autre chose ? Notez tout ce qui vient.

ᐅ Pouvez-vous expliquer l’origine de cette émotion ? (L’origine profonde, qui n’est pas le comportement des enfants mais ce que ça vous rappelle peut-être ou l’histoire que vous vous racontez).

Il ne s’agit évidemment pas de vous culpabiliser mais de voir ce que vous pouvez modifier.

La prise de conscience est fondamentale pour progresser. Elle fait partie de l’apprentissage.

ᐅ Une première règle à adopter lorsque vous intervenez dans une dispute :

  • Évitez, autant que possible, de le faire « à chaud », votre propre émotion pourrait augmenter celle des enfants.
  • Respirez profondément et parlez quand vous vous sentirez calme et centré.

Ne prenez pas parti

Il faut être deux pour se disputer. Donc, quand les enfants se bagarrent, il y a au moins deux manières de voir les choses.

Lorsque nous intervenons, nous apportons notre propre vision, forcément partielle (et partiale ?)

Si nous n’avons pas assisté au début de la querelle et que nous recherchons « le » coupable, nous encourageons les enfants à se rejeter la faute.

ᐅ Demander des explications n’a donc pas d’intérêt réel.

C’est une façon de dire implicitement aux enfants que vous accordez beaucoup d’intérêt et d’importance à ces chamailleries.

L’anagramme de « dispute » est « stupide », pensez-y !

Ce qui se joue dans une dispute

La plupart du temps (9 fois sur 10), les disputes entre frères et sœurs sont en lien avec la façon dont ils vivent leur relation aux parents. L’enfant peut tenter de manifester ainsi son besoin d’attention, de relation privilégiée, de reconnaissance (en s’emparant du jouet de son frère par exemple).

Percevoir ce que l’enfant exprime réellement

Prenez le temps de les écouter, avec une vraie intention de les comprendre.

Il ne s’agit pas ici d’envisager de les faire changer (de sentiment ou de comportement) Seulement d’offrir une écoute bienveillante, neutre, sans à priori.

Accordez le même temps de parole (sans interruption) à chacun.

Au besoin, on pourra reformuler

On choisit alors si nécessaire des mots qui nous semblent plus adaptés, en s’assurant toujours qu’on a bien compris.

Si par exemple votre aîné de 7 ans dit : “Je déteste cette petite conne !” en parlant de sa jeune soeur, on pourra répondre : “Est-ce que tu veux dire que tu as l’impression que je m’occupe beaucoup de ta sœur et que tu te sens un peu délaissé” (si c’est ce qu’on perçoit)

Repartir sur de bonnes bases

Il va maintenant falloir sortir de la dispute et repartir sur des bases saines.

Trouver une solution ensemble

Quand on est sûr que tout a bien été exprimé, on propose aux enfants de trouver eux-mêmes une solution qui permettrait à chacun d’être satisfait.

On encourage chaque enfant à communiquer ses besoins à l’autre. Plutôt que de tenter d’apporter sa propre solution d’adulte, on exprime sa confiance dans le fait qu’ils puissent résoudre le problème seuls et d’une manière qui convienne aux deux.

Améliorer les relations

Le but n’est pas seulement de sortir de la dispute mais aussi d’améliorer significativement les relations entre les enfants.

Apaiser l’émotion

On pourra d’abord proposer d’évacuer les restes d’émotion en allant marcher, en chantant ensemble, ou en mettant de la musique et en dansant pourquoi pas.

Être heureux ensemble

On décidera d’une activité à partager, même sur un temps très court, et qui permette de prendre du plaisir ensemble : jeu, bricolage, cuisine, activité artistique…

Je vous en propose quelques-unes ci-dessous, propres à détendre l’atmosphère.

En résumé :

  • on évite de vouloir régler les choses à chaud,
  • on offre une écoute active
  • on trouve des solutions tous ensemble (l’adulte est juste présent si possible)
  • on se détend

ᐅ Pourquoi ne pas instaurer le système du cahier pour chacun des enfants ? Ils seront certainement fiers d’avoir un outil comme vous en avez un.

On pourra noter ce que chacun a exprimé, l’écrit “officialise” les prises de décisions.

Le plus petit peut dessiner ou dicter son texte que son aîné ou l’adulte transcrit.

système du cahier

Bonus : 6 activités à faire lorsque mes enfants se disputent

Ces 6 idées d’activités ludiques sont à proposer pour « calmer le jeu » et évacuer tout résidu éventuel d’animosité !

1 – Le corps tout mou

Debout, les yeux ouverts, la respiration libre, on saute sur place d’un pied sur l’autre (plus ou moins vite et selon mon besoin et mon énergie). Tout le corps est souple, mou : les mains, les bras, le cou, le buste… comme un pantin désarticulé ! On pratique autant qu’il faut pour sentir le relâchement des tensions, on va jusqu’au bout.

Ensuite, on prend le temps de ressentir tous les bienfaits de l’exercice : calme retrouvé, circulation dans le corps, sensation d’exister pleinement… et le souffle qui s’apaise. On peut s’allonger pour mieux observer, profiter.

Les enfants aiment faire le pantin, cet exercice est vraiment efficace, joyeux et faisable (presque) partout.

2 – De la musique

Elle peut avoir un très fort pouvoir sur notre état émotionnel. L’écoute de certains rythmes, favorise le dynamisme, décuple l’énergie et la joie.

Pourquoi ne pas l’utiliser sciemment pour remonter le moral des troupes ou quand on veut éviter qu’une ambiance morose s’installe ?

  • On peut se créer des « compils » par thèmes : « joie », « énergie », « rêverie »…
  • Il vaut mieux éviter de repasser indéfiniment le même morceau dont l’effet finira par s’émousser.
  • Les enfants sauront vous aider à choisir des musiques qui plaisent à tous.

3 – Du chant

Il ne va pas s’agir de chantonner du bout des lèvres mais de chanter à tue-tête, comme une diva par exemple ou de façon totalement caricaturale. On peut aussi imiter son chanteur préféré.

  • On se donne en spectacle, on sort de la routine, on s’amuse.
  • On est chanteur ou spectateur à tour de rôle.
  • On salue, on applaudit, on s’en donne à cœur joie.

4 – Des bulles de savon

Je laisse ici parler une maman qui donne son astuce « anti-pétage de plomb » dans le magazine PEPS :

« Mais oui, ne riez pas, même si mes enfants ont tous dépassé les 18 ans, je continue à trouver un vif attrait à ces légères bulles colorées transparentes, magnifiques, et si poétiques ! Un flacon de liquide ne coûte pas très cher, peut aussi être fabriqué à la maison, et l’effet en est considérable. Les bulles sont si attirantes qu’il est difficile de leur résister, et dès leur plus jeune âge les enfants les regardent avec intensité, leur courent après dès qu’ils en sont capables.

enfant qui fait des bulles

Il n’y a pas vraiment de raison pour que cela cesse à l’adolescence ou à l’âge adulte. Nous aimons les bulles géantes, petites, minuscules, et nous sommes surpris de les voir s’envoler au gré du vent.

C’est à chaque fois un petit miracle. Et puis plouf, d’un seul coup, alors qu’on ne s’y attendait pas, elles éclatent et disparaissent ! La déception est de courte durée car on peut recommencer à leur donner vie, il suffit d’un peu de souffle et c’est reparti ! Faire des bulles nous aide à souffler et, en soutenant notre respiration consciente et régulière, peut permettre de désamorcer une dispute naissante. C’est un anti-pétage de plomb très efficace, doublé d’un merveilleux spectacle. Il m’arrive d’essayer de faire le maximum de bulles en respirant par le ventre, ce souffle lent m’apaise et ces petits ballons éphémères m’enchantent ! Alors… à votre liquide vaisselle ! »

5 – Un voyage en tapis volant

Il suffit d’une couverture qui en a vu d’autres et d’un peu d’espace avec une surface lisse.

Un enfant s’allonge sur la couverture et l’adulte (ou un autre enfant ou plusieurs enfants si le « voyageur » est lourd) attrape deux coins et tire, très, très, très lentement pour un voyage tout en douceur.

Celui qui voyage se détend peu à peu.

Chacun aura droit à son tour de couverture magique si possible.

On peut aussi varier les plaisirs en se plaçant tous autour de la couverture et en la tenant pour la secouer tous ensemble.

Pour finir, tous les participants s’allongent sur ou sous la couverture, en se tenant la main par exemple.

6 – Des dessins

On propose de grandes feuilles (le support peut être individuel ou collectif selon ce que les enfants préféreront) et on “gribouille”, on barbouille à sa guise.

7 – Des jeux coopératifs

Les activités de coopération renforcent la connexion entre les participants. Ils proposent un objectif commun.

Par exemple, ériger une tour la plus haute possible, chacun plaçant un bloc alternativement.

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