En tant que parent, il est très facile de trouver des motifs d’entretenir la culpabilité :

  • J’ai l’impression que je n’en fais jamais assez pour mon enfant
  • Je n’ai pas suffisamment de temps à lui consacrer
  • Je ne sais pas m’y prendre avec lui
  • Je manque de patience
  • Et puis, j’ai probablement trop d’exigences à son égard.

Quel intérêt a-t-on à se fustiger ainsi ? Aucun ! La culpabilité fige celui qui en est atteint et l’empêche d’avancer. Nous allons donc voir comment la contrer.

Comment se rassurer en 5 points ?

Pour sortir de ce schéma de pensée contre-productif, il va suffire :

  • de se rendre compte qu’on n’a pas à viser la perfection
  • d’apprendre à accueillir les émotions
  • de prendre soin de ses propres besoins
  • de parfois savoir lâcher-prise et déléguer
  • d’avoir conscience de ses ressources

1 – Être un parent suffisamment bon

Le principe de la « mère suffisamment bonne » (ou du père suffisamment bon), élaboré par Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique a aidé nombre de parents. J’ai déjà abordé ce postulat dans un précèdent article et cité Susan Forward qui va dans le même sens.

« Suffisant » ne veut dire ni parfait, ni idéal, ni omniprésent, mais bien « juste assez ». Ce que dit l’auteur c’est aussi que pour devenir autonomes, les enfants ont besoin de faire l’expérience de la frustration et de vivre des temps de solitude mesurés.

Attention, il n’est pas question de frustrer un enfant exprès, ni de l’abandonner trop longtemps pour son âge, ou au mauvais moment (en le laissant seul avec sa peine par exemple).

Il faut plutôt trouver le juste équilibre : être attentif aux besoins des enfants sans chercher à les combler tous, à tout moment. Un enfant qui verrait chacun de ses désirs assouvi avant même qu’il l’ait exprimé, n’aurait plus aucun intérêt à devenir autonome.

2 – Ne pas fuir les émotions

Les enfants éveillent nos instincts et nos propres anciennes souffrances d’enfant.
De façon plus ou moins consciente, nous cherchons à éviter de ressentir ces émotions soigneusement enfouies depuis des années : peine, abandon, angoisse, solitude, rejet, etc.

Et c’est là qu’apparaît le risque d’en faire trop pour nos enfants en voulant leur éviter de vivre ce qu’ils doivent ressentir.

Inutile de se croire apte à éviter toute anxiété à un enfant. Impossible aussi de combler tous ses besoins d’attention (à moins d’être dans une bulle fusionnelle, ce qui serait préjudiciable pour les deux partenaires).

Être conscient de ce que l’émotion qui habite l’enfant fait écho à notre propre émotion nous permet de la nommer, d’être présent et empathique, sans forcément tomber dans l’urgence d’agir. Nous pouvons alors prendre une certaine distance, nécessaire pour mieux comprendre la situation.

L’enfant se sentira entendu dans son manque ou son émotion, même si l’on ne cherche pas à tout combler aussitôt. Il peut alors lui-même trouver comment composer entre son besoin et la réalité qui diffère. Par exemple, vous pouvez lui dire :

  • Je sais que c’est frustrant pour toi…
  • Je comprends que tu aimerais que ton papa reste avec toi…
  • J’ai bien conscience que c’est difficile de devoir attendre…
  • Je crois que tu aimerais que je puisse jouer avec toi tout de suite…

On peut être aux côtés de l’enfant et partager ce qu’il vit, ou, à distance, penser à lui et avoir confiance en ses capacités à gérer la situation.

Il aura dans les deux cas, le sentiment d’être moins seul. C’est un peu comme si on le berçait mentalement. Et il aura l’impression d’être inclus dans le processus comme une personne à part entière.

3 – S’octroyer du temps pour soi

Les moments de plaisir en dehors de votre rôle d’éducateur ou de parent sont fondamentaux. Il est légitime que vous pensiez à vous amuser et à vous ressourcer. C’est indispensable à votre bien-être en tant qu’adulte et ces moments pour vous, vous rendront plus disponible, plus présent pour l’enfant.

Pensez à soi d’abord, n’est pas égoïste quoiqu’on en dise. (Vous connaissez l’histoire de la mère qui positionne d’abord le masque à oxygène sur son propre visage avant de l’adapter à celui de son enfant).

s'octroyer du temps

On parle souvent de remplir le réservoir d’amour de l’enfant. Nous ne sommes pas en capacité de le faire si notre propre réservoir d’adulte est vide !

Faites le plein de joie, de tendresse, d’amour pour pouvoir en redistribuer.

4 – Renoncer à la toute-puissance

Ayez à l’esprit que vous n’êtes pas seul(e) responsable du sentiment de bien-être et de la joie de votre enfant :

  • Une bonne partie de son bonheur lui appartient !
  • L’ensemble de son entourage (pas strictement familial), compte aussi.

Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant.
De quoi soulager les parents ! Mais aussi peut-être, leur enlever leur toute-puissance…

5 – Connaître ses ressources

Parce que vous êtes son parent, vous êtes apte à réconforter l’enfant.

Vous savez instinctivement comment le faire.

Il en faut parfois peu. Pas besoin de discours ni d’actions spectaculaires.

Un simple regard aimant peut semer des graines de joie chez l’enfant.

Un geste ou un d’amour générera en lui sentiment de sécurité et de résilience.

parents accompagnent l'enfant

Pour conclure et finir de vous rassurer

On dit de chaque parent qu’il est le plus approprié pour son enfant, justement parce que cet enfant est celui qu’il a mis au monde.

Soyez donc fier de ce rôle.

Ensuite, faites du mieux que vous pouvez.

Et puis ayez aussi confiance en votre bon sens naturel : il peut vous guider aussi sûrement que tous les conseilleurs extérieurs…

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