Quand je décide de partager un moment avec les enfants, ça ne se passe jamais aussi bien que je l’imaginais et je me demande pourquoi. Et si je n’étais pas un « bon » parent ?

Préambule : Qu’est-ce qu’un bon parent ?

S’il m’a semblé important d’aborder d’emblée ce sujet sensible, c’est justement pour le dédramatiser. Beaucoup de parents sont en effet prompts à se culpabiliser, à penser qu’ils ne remplissent pas leur rôle aussi bien qu’ils devraient. C’est parfois leur entourage qui ne se prive pas de montrer sa désapprobation quant aux méthodes éducatives qui sont les leurs.

ᐅ S’il est utile de se poser des questions, de se remettre de temps en temps en cause, de chercher à s’améliorer, rien ne sert de se fustiger ou de douter perpétuellement. Je suis d’accord avec Gilles Servat pour « laisser les certitudes aux bulldozers » et pourtant, trop de doutes peuvent aussi paralyser.

Je trouve donc sain de choisir au mieux sa « conviction » pour un moment donné, et de ne pas la figer en certitude inébranlable. Le changement est le propre de la vie et changer d’avis est signe de vitalité et d’évolution. Donnez-vous donc le droit d’avoir des certitudes provisoires !

Et pour ce qui concerne la parentalité, soyez serein puisque vous faites de votre mieux. J’aimerais, pour compléter cet article dont le but est de sortir de la culpabilité, citer Susan Forward *. Voilà ce qu’elle écrit au sujet des « bonnes mères » et, comme ça s’applique tout pareillement aux « bons pères » , j’ai remplacé « mère » par « parent » et « fille » par « enfant » et accordé en fonction.

«[Un bon parent] n’est ni parfait, ni un martyre. Il a son propre bagage émotionnel, ses propres cicatrices, ses propres besoins. Il peut ne pas vouloir faire de compromis sur son travail et donc ne pas être disponible à certains moments pour [son enfant]. Il peut aussi perdre patience, dire ou faire des choses qu’il regrette. Mais si son comportement général permet à [son enfant] de croire à sa propre valeur et nourrit le respect qu’il se porte, son assurance et sa sérénité, [ce parent] remplit bien son rôle, qu’il soit [un parent] merveilleux ou juste «suffisamment bon». Il fait preuve d’amour véritable de façon tangible et fiable envers son enfant.(…) L’amour est un comportement général, constant… »
*Extrait : Ces mères qui ne savent pas aimer.

Mais revenons plus précisément à notre problématique et voyons comment faire en sorte que le temps passé avec l’enfant soit joyeux, pour lui comme pour vous.

1 – Je pose une intention

C’est un principe extrêmement puissant ! Si vous êtes fatigué(e), pas très motivé, si vous pensez déjà à ce que vous ferez après ce moment consacré à vos enfants, prenez quelques minutes pour vous détendre et poser l’intention de profiter au mieux de ce temps avec eux. Votre intention détermine vos émotions,vos pensées, vos actes. Vous décuplez ainsi vos chances de passer un moment agréable.

Exercice pour vous mettre rapidement dans une intention « riche »

Fermez les yeux, prenez le temps de respirer pour faire le vide, et laissez venir à vous vos plus beaux souvenirs de joie, d’amour, de gratitude avec vos enfants. Rappelez-vous à quel point vous avez de la chance d’être parent, à quel point vous aimez vos enfants et à quel point vous adorez leur joie de vivre.

ᐅ Les pensées créent un champ électrique, les émotions un champ magnétique et pensées plus émotions sont à la source des actions qui vont créer la réalité. Prenez appui sur ces souvenirs joyeux pour poser une intention, celle de profiter pleinement de vos enfants et de tout ce qu’ils ont à vous apporter.

2 – Je n’attends rien de particulier

Je me laisse surprendre ! Plus on attend des autres un comportement bien spécifique, plus on a de chances d’être déçu, ce principe est valable avec un enfant comme avec un autre adulte. Si l’on a des exigences, si on imagine comment ça devrait se passer, non seulement on va au-devant de désillusions, mais bien pire, on risque de ne pas voir tout le positif de la situation. Seulement parce qu’on est resté focalisé sur nos attentes.
ᐅ Acceptez que l’enfant puisse vous surprendre !

3 – Je relativise les « problèmes »

Relativiser, face à une difficulté, c’est savoir prendre du recul. Plutôt que de se laisser engluer par l’émotion, on peut faire le choix de s’en extraire. Il ne s’agit pas non plus de la refouler, juste de l’observer, sans s’identifier à elle.

ᐅ Une maman m’a raconté, les larmes aux yeux, comment elle avait été choquée, profondément peinée, du comportement de sa fille de 4 ans. La petite l’avait frappée parce qu’elle refusait de lui prêter son téléphone.
– Je ne savais plus comment réagir, je me demandais ce que j’avais fait pour en arriver là, c’était comme si tout s’écroulait…
Cette personne laisse son univers être ébranlé par une tape de sa fille. Qu’est-ce qu’elle se raconte, qui la déstabilise à ce point ?

« Tout est relatif et cela seul est absolu » a dit Auguste Comte.

ᐅ Quelqu’un d’extérieur pourrait voir combien, souvent, nous prenons pour une tempête, une agitation dans un verre d’eau.

4 – Je lâche prise

L’objectif du lâcher-prise c’est d’accepter :

  • la situation, qui n’est pourtant pas celle dont je rêvais,
  • que tout ne soit pas parfait, que votre enfant ne l’est pas… et vous non plus !
  • mon impuissance

Je ne maîtrise pas complètement la situation à partir du moment où quelqu’un d’autre y contribue, même si c’est un enfant ! Et c’est très bien ainsi, quoique ça puisse me faire peur.

  • Et puis lâcher-prise de mes rêves quand ils concernent autrui.

J’aurais aimé « modeler » cet enfant pour qu’il ressemble le plus possible à ce qu’il devrait être, selon moi.
Mais voilà qu’il m’échappe, qu’il n’agit pas comme je l’aurais voulu, qu’il commet des erreurs.

ᐅ J’accepte que mon enfant dise non à ma proposition, qu’il vive sa propre expérience, qu’il se trompe (selon moi) et je lui permets ainsi d’apprendre de ses erreurs !

ᐅ Pour apprendre à lâcher-prise, pourquoi ne pas essayer d’instaurer une journée (ou une demi-journée ou seulement une heure, pour commencer en douceur) pendant laquelle tout est permis (pour vous comme pour les enfants !)

5 – J’accepte ma responsabilité

Je suis responsable (responsable n’est pas synonyme de coupable) de la façon dont je vis un événement. Je suis à l’origine de mes pensées, donc des émotions qui en découlent.

Personne d’autre ne peut être tenu pour responsable de ce que je ressens, même pas mon enfant qui me frappe. (Référence à l’exemple de la 3e partie « Je relativise les problèmes »).

ᐅ Si d’autres parents vivaient la même situation, il est probable qu’ils réagissent tous différemment.

  • Nous avons vu le 1er parent s’attrister et presque pleurer de désarroi.
  • Le 2ème pourrait se mettre en colère, crier et pourquoi pas frapper à son tour.
  • Le 3ème parent pourrait se plaindre, faire du chantage à l’enfant, lui dire qu’il rend sa mère malheureuse…
  • Le 4ème trouverait ça plutôt drôle et ferait mine de jouer à la bagarre.
  • Le 5ème parent, donnerait son téléphone pour avoir la paix.
  • Le 6ème dirait calmement à l’enfant qu’il trouve son comportement inacceptable et qu’il se demande pourquoi il a réagi de cette façon, il tenterait d’établir le dialogue.
  • Quant au 7ème, il s’éloignerait pour se calmer en se demandant ce qu’il peut apprendre de cette situation.

ᐅ Nous pourrions tous être l’un de ces 7 parents. Et il existe probablement d’autres scénarios imaginables.

Chacun des parents précédents a réagi en fonction :

  • de qui il est à un moment donné et de son état physiologique (de fatigue ou de stress par exemple)
  • de son histoire ( de sa propre enfance en particulier) et des blessures qu’il porte.
  • de ce qu’il s’est raconté au sujet du comportement de l’enfant et de ce qu’il aurait pu/dû être. Il a ainsi généré une émotion qui l’a amené à réagir.

Cette multitude de facteurs à prendre en compte, rend impossible l’idée de proposer un unique modèle à suivre. Parce qu’il n’en n’existe pas qui soit idéal pour chacun de nous dans sa spécificité.

ᐅ Je vous propose donc de simplement vous poser ces questions :

  • Quel parent souhaitez-vous être ?
  • Qu’aimeriez-vous que votre enfant retienne de vous ?

ᐅ Et puis de cheminer vers ce qui constitue votre idéal, de vous en approcher chaque jour un peu plus.

Ce qui est vraiment magique dans la vie, c’est que rien n’est jamais perdu, figé, irrémédiable ! C’est de pouvoir être celui que vous voulez être, chaque jour davantage !

Il n’y a que vous qui puissiez choisir la direction à prendre et le prochain pas à effectuer !

 » N’oublie pas qu’avoir le droit de choisir sa destinée est un privilège sacré. Fais-en bon usage. Envisage toutes les possibilités.  » Oprah Winfrey

6 – J’entretiens mon énergie, je cultive ma bonne humeur

Mieux vaut se sentir un minimum en forme pour décider de passer du temps avec son (ses) enfant(s). Prenez le temps de souffler si nécessaire. Vérifiez que vous ne vous sentez pas trop stressé, énervé par votre journée par exemple. Si c’est le cas, l’enfant le percevra malgré votre volonté de cacher votre état d’être. Il risque alors de se montrer lui-même horripilant.

C’est l’effet de ces neurones miroirs dont on parle beaucoup ! Ce sont eux qui nous font nous sentir joyeux face à quelqu’un qui rit par exemple ou inversement attristé par les pleurs d’autrui.

enfants danse

ᐅ En vous mettant dans une énergie positive, vous enrichissez l’énergie de votre entourage.

Test spécial bonne humeur

Le baromètre de ma bonne humeur :

(Notez de 1 à 10 votre estimation: 10 c’est vrai, 1 c’est faux)

  • Je suis détendu la plupart du temps
  • Je suis rarement énervé
  • Je prends encore plaisir à faire des choses que j’aimais déjà lorsque j’étais enfant.
  • Je ris souvent
  • Je vois le bon côté des personnes
  • Je vois le bon côté des situations
  • Je m’inquiète rarement à l’avance
  • Je peux rester sans rien faire
  • Je me relaxe facilement
  • Je me réjouis à l’avance à l’idée de faire certaines choses

Faites votre total (le maximum possible est 100). Plus il est élevé, plus vous êtes d’humeur joyeuse. Quel que soit votre score, pas d’inquiétude ! Vous pouvez progresser.

La bonne humeur se cultive et votre enfant saura vous montrer comment !

7 – Je préfère la qualité à la quantité

Mieux vaut prévoir une activité moins longue et profiter pleinement du moment que de s’imposer une présence physique qui dure en ayant la tête et le cœur ailleurs. L’enfant ne s’y trompera pas !

Une présence « vraie » et totale (oubliez votre téléphone par exemple), même courte, comblera son besoin d’attention. L’enfant se sentira reconnu, valorisé et il remplira son réservoir d’amour. C’est là le bénéfice ultime de ce temps partagé.

Passer du bon temps avec quelqu’un nécessite d’abord qu’on en ait envie et qu’on se sente un minimum en forme (surtout s’il s’agit d’un enfant). Il faudra ensuite avoir l’intention d’être présent à ce qui se présente et apporter sa bonne humeur, comme la cerise sur le gâteau. Mais on peut aussi partager un moment de qualité en étant triste. L’essentiel étant de faire preuve d’authenticité.

Enfin,si les conditions requises ne sont pas réunies, mieux vaut l’expliquer et reporter plutôt que de passer un mauvais moment.

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